L’École Doctorale des Lettres et des Sciences Humaines et Sociales à l’Université Libanaise a organisé, jeudi 26 février 2015, le 1er Séminaire des Études Brachylogiques au Liban (SEB1 – LBN) avec le partenariat de la Coordination Internationale des Recherches et des Études Brachylogiques (CIREB) et Brachylogia Tunisie, représentées par le Président Monsieur le professeur Mansour M’henni, et l’AUF représentée par le Directeur Régional du Bureau Moyen-Orient, Monsieur Hervé Sabourin. Monsieur le professeur Patrick Voisin, vice-président de la CIREB, fut empêché de se joindre à nous pour des raisons personnelles.

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Pour assurer une bonne diffusion du concept « Nouvelle Brachylogie » auprès d’un public arabophone, francophone et anglophone, les organisateurs avaient exigé que la 1ère conférence inaugurale soit prononcée en langue arabe. La 2e conférencea été prononcée en langue française, cet autre espace vers lequel convergent agréablement les différentes identités, celui où nous nous comprenons en dehors des conflits territoriaux. Brachylogiquement parlant, le bilinguisme, visant à atteindre un public pluriel, est un atout caractéristique du SEB(1)-LIBAN.

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La 1ère conférence

Ayant pour titre « Introduction à la brachylogie arabe : sources, dénominations et perspectives » = « مقدمة إلى الإبراخيلية العربية: المنابع، التسمية والآفاق », la 1ère conférence introductive se ressource à la pensée philosophique de Socrate et de Platon, révélant les particularités d’un art de converser, bref, allant droit vers la vérité pure. La Brachylogie est un concept de vie, ouvrant la voie vers une prise de conscience de l’interaction plutôt que de la domination, de l’éthique laquelle engendre une esthétique qui mettrait en question la rhétorique classique et ses implications. Le concept en question se ramifie en deux volets : la Brachylogie Générale et la Brachypoétique.

Pour délimiter le sens et la signification de la Brachylogie, il a fallu au professeur M’henni une longue présentation (50 mn). Sa démarche pluriculturelle, traversant l’aspect philologique du concept antique, dans la langue française et dans la langue arabe, et traversant concrètement la philosophie occidentale, la poésie arabe, le Coran, le phénomène social comme la fête, opposant les phénomènes microstructuraux aux phénomènes macrostructuraux, lui a valu l’intérêt et l’admiration du public.

Ainsi donc et à l’issue de la 1ère conférence, ont été recueillies questions et critiques portant essentiellement sur : la définition du concept et la possibilité de son classement en tant qu’approche ou discipline, les objectifs du concept qui restent à définir d’une manière plus concrète encore, ses implications éthiques ouvrant la voie vers l’indulgence à l’égard des minorités, la sémiotique de la nouvelle et sa dialectique dynamique, les limites de la Brachylogie et son approche d’un point de vue pragmatique, poétique, …, les limites de l’étude du Coran sous un angle brachylogique et la suggestion de trouver un autre équivalent du concept en langue arabe. En effet, les collègues libanais ont proposé de creuser la civilisation arabe afin de trouver un autre vocable que [ إبراخيليا ] plus doux, plus souple et moins choquant.

A cette dernière remarque, le Pr. M’henni répond : « Pour un autre vocable, tout est permis, ce serait une spécificité du Moyent-Orient, dans la traditionnelle divergence des jargons entre Chark et Gharb. Mais sur le plan académique, puriste, dirais-je, je garderais de mon côté le terme néologique déjà en circulation, tout en m’adaptant, au besoin, avec un nouveau qui convaincrait l’ensemble. »

La 2e conférence

Ayant pour titre « Expression brachylogique et configuration sociétale. L’exemple de la société japonaise », cette conférence présente un modèle sociétal microstructurel, à savoir la société japonaise à caractère minoritaire. Le professeur M’henni tente d’étudier le lien entre société et brachylogie. Pour lui, le Japon n’essaie pas de compenser la petitesse physique par des arguments de grandeur, comme le présente un cliché commun ; mais serait une société à fondements et à prédispositions brachylogiques. Malgré les invasions qui ont succédé au Japon, ce pays a su préserver son unité sans pour autant exclure son ouverture à l’étranger : un rapport conversationnel et une stratégie d’adaptation entre les pôles contraires sous-tendent la conception des arts martiaux, de l’architecture, du haïku, de la micro-économie, des sciences microbiologiques, et des nanotechnologies.

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La 3e conférence

« Rencontre avec un écrivain… » fut une occasion de faire découvrir le professeur M’henni dans sa carrière d’écrivain brachylogique, pour ainsi dire, et d’évoquer le rapport de la création à la théorisation. Conscient qu’un texte est une construction à partir de microstructures, il affirme avoir traversé le créatif et le théorique, le premier devançant le second.

Résultats

a-      Installation d’une plate-forme de la Brachylogie au Liban par la création d’une équipe Brachy-Liban formée des membres suivants :

1)      Leila OSSEYRAN (linguiste – Université Libanaise UL).

2)      Ramzi ABOU CHAKRA (Pédagogie et Sciences du langage – UL).

3)      Rana BAROUD (Stylistique et Médiation Culturelle – UL).

4)      Rita BOU DAGHER (Traduction – UL).

5)      Dima HAMDAN (Littérature française – UL).

b-      L’équipe proposera bientôt la thématique du deuxième séminaire qui aura lieu à Beyrouth en 2016.

c-      Envisager la formation d’une équipe Brachy-Moyen-Orient (BMO).

Dima Hamdan

Voir aussi :

http://www.tuniculture.net/58943/571/179/1er-seminaire-des-etudes-brachylogiques-au-liban–grand-interet-pour-le-concept.html

http://www.samiminfo.com/1er-seminaire-des-etudes-brachylogiques-au-liban-le-concept-suscite-un-grand-interet/

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